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L’énigme d’Alésia : où se trouve Alésia ? (partie 1)


Dans les années 1860, Napoléon III décide que le site d’Alésia se situe sur la commune d’Alise-Sainte-Reine, en Côte d’Or. Ce choix a été fait à cause de la ressemblance des noms et suite à des fouilles qui ont fait ressortir des structures militaires et des centaines d’armes romaines et gauloises.

Mais ce choix n’a jamais fait l’unanimité car d’autres communes se sont toujours revendiquées comme étant le site d’Alésia.


On peut douter de cette représentation de Vercingétorix , étant lui-même légionnaire romain dans la cavalerie
Statut de Vercingétorix à Alise-Sainte-Reine

Pourquoi cette recherche me passionne ?

Pour moi, Alésia et la recherche de son site géographique est le symbole de notre histoire, notre histoire oubliée, occultée et falsifiée, notre histoire celte.

Depuis cette « guerre des Gaules », nous avons perdu les connaissances de nos ancêtres celtes, qui étaient des hommes libres (je parlerai une autre fois de l’organisation de la vie des celtes et de leurs croyances).

Bon après, pour ceux qui me connaissent, vous aller me dire « pas besoin de trop chercher, il suffit de demander » 😉.

Il est quand même intéressant de retrouver notre vraie histoire, retrouver nos racines pour comprendre Qui on Est aujourd’hui...


Un peu d’histoire…

Quand j’emploie le mot « celte », j’inclue bien sûr les Gaulois de la Gaule celtique, mais aussi ceux des autres Gaules, les Germains, les Vikings (suédois, danois, norvégiens qui arrivent plus tard dans l’histoire), etc. Tous ces peuples ont la même culture, la même organisation politique autour de la notion de liberté.


"AEC" dans le texte signifie "Avant l'Ere Chrétienne" donc "avant Jésus-Christ".


Cette division géographique (voir la carte ci-dessous) a été crée par Jules César. Avec cette carte, nous avons l'impression que la Gaule est divisée en plusieurs Gaules. Ce qui n'est pas forcément le cas.


Carte de la Gaule du temps de César (-100/-44) selon l'historien Gustav Droysen (1886) d'après les peuples définis par Jules César : les Belges (en orange), les Aquitains (en rouge), les Celtes (en vert) et la Gaule narbonnaise / Gaule transalpine appelée ici Provincia Romana (en jaune).

Les Gaulois ne nous ont laissés aucun écrit. La transmission des connaissances par les druides était orale. Néanmoins, les druides savaient écrire et parlaient plusieurs langues. On sait qu’ils tenaient des livres de compte en grec ancien (je reparlerai des druides une prochaines fois).

S’il y avait des écrits, on peut se poser la question de leur destruction par les romains. Les écrits qu’il reste de cette époque viennent des romains et surtout de Jules César.

Les informations collectées et synthétisées ci-dessous sont issues d’ouvrages et d’interviews, de conférences de plusieurs historiens tels que Pascal Cazottes, Bruno Dumézil, Oleg de Normandie, etc.


D’un point de vue général, les Gaulois étaient ouverts sur le monde, avec le commerce (échanges) avec les Étrusques (Italie), les Phocéens (Grecs à Massilia/Marseille), l’Hallstatt, les Romains… Ce sont surtout les Arvernes et les Éduens qui commercialisent avec les romains (les romains leur vendent du vin surtout).

En fait, les Celtes ne sont pas du tout comme on nous les présente dans les livres d'histoire ou au cinéma.


En 59 AEC, Jules César a été nommé consule à Rome, puis pro-consule. Il ne retournera pas à Rome pendant plusieurs années car une procédure judiciaire a été lancée à son encontre. Il souhaite renouer avec le peuple romain en pillant les richesses des autres pays et les redistribuer à ses légionnaires et au peuple romain.

La Gaule a été romanisée bien avant le siège d’Alésia. L’empire romain avance petit à petit avec une pression culturelle, politique, commerciale et envahissement de la Gaule (Gaule Cisalpine-Provincia Romana). Les gaulois ne voyaient pas cet envahissement romain ?

En 58 AEC, les Éduens font appel à Jules César pour combattre l’envahissement des Helvètes. Il repousse aussi les germains. On peut se demander pourquoi ces peuples qui sont aussi celtes envahissent la Gaule… Est-ce pour aider les gaulois-celtes ?

Les villes gauloises qui ne se soumettaient pas étaient pillées et rasées. Jules César s’enrichit.

En 57 AEC, il fait la guerre à la Gaule belge.

En 56 AEC, il fait la guerre contre les Vénètes (Bretagne).

En 55 AEC, lors d’une nouvelle invasion des Germains, il fait construire un pont sur le Rhin, pour les impressionner mais ne les attaque pas.

En 54 AEC, il mène une mission en Grande-Bretagne avec Vercingétorix qui est un jeune officier de cavalerie romaine. Ils étaient compagnons de tente et sont devenus amis ! (Vercingétorix était le fils d’un grand chef gaulois assassiné par les gaulois pour avoir voulu instaurer la royauté. Avait-il été enlevé par les romains à un jeune âge pour recevoir une éducation romaine?). Un chef des Eburons (Belgique) se rebelle et détruit une légion entière, mais perd la guerre.

En 53 AEC, la Gaulle est pacifiée. Néanmoins, les gaulois se sentent oppressés. Ils souhaitent attendre la fin du proconsulat de Jules César et son retour à Rome (3 ans encore) pour reprendre leur pays. Jules César n’est pas dupe et va encourager et provoquer les rebellions gauloises (capture d’un chef Sénon qui sera battu à mort et décapité, bannissement et spoliation de plusieurs chefs gaulois) avant son départ de Gaule.

Des chefs de légions romaines sont égorgés, mais Jules César, alors en Gaule Cisalpine, ne bouge pas. Vercingétorix se fait élire roi des Arvernes (pas de roi dans l’organisation politique des Gaulois) et envoie des messagers dans toute la Gaule demandant aux Gaulois de combattre les romains. Quelques tribus refusent. Vercingétorix se bâtit une armée.

En 52 AEC, Vercingétorix détruit tous les villages (Berry) pour que les romains ne prennent plus rien. Il demande aux habitants de brûler leurs propres villes (ex : Bituriges à Bourge, Avaricum), mais les gens refusent et restent pour défendre seuls leur ville, ils résistent pendant 2 mois. A Avaricum, Vercingétorix demande aux hommes seulement de quitter la ville, les femmes refusent ; 40 000 personnes (hommes, femmes, enfants) ont été tuées par les romains. Jules César souhaite terroriser les gaulois.

Vercingétorix se rend avec son armée en Gergovie. Jules César le suit, mais lentement. Les peuples ont peur des romains, mais les guerriers celtes sont sur le point de gagner et d’arrêter Jules César. A ce moment-là, Vercingétorix rappelle ses soldats. (Pourquoi ? On a l’impression que Vercingétorix ne souhaite pas arrêter Jules césar et les légions). Plus tard, Vercingétorix envoie seulement 10 000 cavaliers celtes contre 50 000 légionnaires. Ensuite il se réfugie à Alésia avec 80 000 hommes et n’empêche pas les romains de construire leurs fortifications (d’attaque et de protection) autour d’Alésia. Une armée celte arrive (archers Ruthène, Germains compris) de 240 000 hommes mais Jules César va contenir les attaques. Vercingétorix envoie l’armée gauloise de l’autre côté de la bataille (?). Il persuade les autres chefs gaulois de, au lieu de se tuer lui-même (pratique des chefs quand ils subissent un échec guerrier ; ils combattent jusqu’à la mort et ne se rendent pas), de le livrer à Jules César. Vercingétorix est mort en 46 AEC. Est-il vraiment mort dans une prison à Rome ou son ami Jules César l'a caché et protégé à Rome ?

En 51 AEC, les Gaulois se rebellent à Uxellodunum (dans le Quercy actuel), Jules César s’y rend avec 30 000 hommes et assiège la ville pendant 2 mois, les privant d’eau et les massacrent ensuite.

En 50 AEC, toute la Gaule est totalement occupée. Il reste peu de traces du monde Gaulois et il y a peu de révoltes.

La Gaule devient une base arrière pour les romains, par rapport aux Germains.

Rome fonde des villes dites « colonies » (ex : Arles, Vienne, Valence, Lyon) et maintient les villes existantes (si bonne entente) ou les laissent régresser ou les détruit (si rébellion) et construit des routes (ou alors sont-elles déjà construites ?) pour les légions et les commerçants. Et aussi, se mettent en place :

- le servage, une politique royaliste.

- les curies (magistratures) dans les grandes villes et installation d’une taxe.

- les villae, des grosses ou moyennes maisons d’exploitation en pierre construites ou reconstruites ou « prises » aux gaulois. Les élites (anciens chefs romains et gaulois qui ont désarmé rapidement) se transforment en notables (évergétisme : ils offraient des cadeaux onéreux à Rome), ce qui favorisait la paix et des taxes basses pour la population (paix pendant 4 siècles environ).


La suite au prochain épisode...

C'est la fin de la 1ère partie sur l'énigme d'Alésia.

La prochaine fois, je parlerai du récit de Jules César dans "La guerre des Gaules" pour avoir une base de comparaison entre les différents lieux. Pour ceux qui me suive sur Facebook, je mets les photos des sites que l'on visite au jour le jour.

A bientôt.

Christine








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